Depuis plusieurs années, la construction biosourcée connaît un développement important, portée par la volonté d’intégrer des matériaux naturels comme le bois, la paille, le chanvre ou encore la ouate de cellulose. Ces matériaux renouvelables et bas carbone répondent aux enjeux environnementaux, mais posent un défi majeur : leur sensibilité au feu. En effet, leur nature organique les rend potentiellement plus combustibles que les matériaux traditionnels, ce qui nécessite une attention particulière à la sécurité incendie dès la conception des bâtiments.
Des exigences réglementaires renforcées
Pour encadrer cette filière en pleine expansion, la réglementation incendie applicable aux matériaux biosourcés se renforce progressivement. Les normes françaises et européennes imposent des critères stricts pour limiter la propagation du feu et assurer la stabilité des structures en cas d’incendie. Le règlement de sécurité incendie dans les ERP (établissements recevant du public) et les bâtiments d’habitation impose des tests spécifiques, notamment la réaction au feu des matériaux. Ces exigences sont complétées par des recommandations techniques du CSTB, qui préconisent des traitements ignifuges, des parements ou des systèmes de protection adaptés, afin de garantir la sécurité des occupants sans compromettre les qualités environnementales des matériaux.
Un enjeu majeur pour le secteur du BTP
Pour les professionnels du BTP, la construction biosourcée impose donc une double maîtrise : d’une part, des connaissances techniques précises sur les propriétés et comportements au feu de ces matériaux, et d’autre part, une vigilance accrue pour répondre aux contraintes réglementaires. Cela implique aussi une collaboration renforcée entre architectes, bureaux d’études, fabricants et acteurs de la sécurité incendie. Si le potentiel écologique des matériaux biosourcés est indéniable, leur utilisation sécurisée passe par l’innovation et la formation continue, afin de garantir des constructions performantes, durables, et sûres.
Source Risques incendie : entre innovations et défis réglementaires
